Mais c’est quoi au juste la COP ?

La COP, c’est tout simplement une conférence internationale sur le climat qui réunit chaque année les pays signataires de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC).Vous vous rappelez surement cet automne de la COP27, à Sharm-El-Sheikh, en Égypte. Alors pourquoi une COP 15 la semaine dernière ? Oui pourquoi deux COP ?

Et bien car elles concernent des sujets bien différents ! Les COP les plus connues sont celles qui portent sur le sujet du climat et qui se tiennent en général tous les ans et dont celle de Sharm-El-Sheikh en était la 27ième édition. La COP15 qui se tenait à Montréal est une COP dédiée à la biodiversité et sa protection, ces COP ont lieu plutôt tous les deux ans !

Bon et la COP, ça sert à quoi ?

Lors des COP, les instances participantes tentent de trouver des solutions, fixer de nouveaux objectifs qui se réfèrent aux conventions internationales adoptées (comme la CCNUCC) pour globalement maîtriser, voir corriger les effets négatifs de l’homme sur notre planète et ses écosystèmes.

Par exemple, la COP21 reste un évènement historique et cela en grande partie grâce à la signature de l’Accord de Paris. C’est notamment cet accord qui vise à limiter le réchauffement climatique à 2°C maximum d’ici la fin du XXIe siècle.

Et cette COP15 alors ?

Au moment même où l’humanité atteint un niveau de déclin de la biodiversité sans précédent, il est important d’intensifier et poursuivre les efforts dans son ralentissement et la préservation de ces écosystèmes ! C’était tout l’objectif de cette COP15 où près de 200 pays se sont réunis pour s’engager à éloigner l’extinction massive d’espèces qui nous menace aujourd’hui.

Et LE point que le monde entier et surement l’histoire retiendra de cette COP, c’est un accord historique pour la protection de la biodiversité;  l’accord Kumming – Montréal, déjà comparé à son homologue sur le climat (le fameux accord de Paris que nous évoquions plus tôt).

L’accord Kumming-Montréal, star de la COP15

Long de plus de 20 objectifs (23 pour être exact), l’accord Kumming-Montréal est au centre de toutes les attentions. En effet, longtemps attendu et véritable indicateur de la prise en considération des problématiques liées à la biodiversité, voici quelques-unes de ces cibles :

  • Atteindre un tiers d’aires protégées d’ici 2030. Cette protection de 30% de la planète qui est actée est une résolution forte. A titre de comparaison seulement environ 17 % des terres et 10 % des océans sont considérés comme aires protégées. Cette protection englobe aussi la reconnaissance et le respect des droits des peuples autochtones et des communautés locales sur leurs territoires.
  • Un renforcement du soutien aux pays en développement avec un objectif de 30 milliards de dollars d’aide annuelle à la conservation d’ici 2025 ! Les débats ont permis aux signataires de se mettre notamment d’accord sur la création d’un fonds dédié mais dans une structure existante; le fonds mondial pour l’environnement.
  • La réduction de moitié du risque lié aux pesticides et aux produits chimiques dangereux, en tenant compte de la sécurité alimentaire et des moyens de subsistance de chaque signataire. Après de nombreuses oppositions et un débat musclé l’accord prévoit en effet comme objectif sur le sujet de « réduire les risques de pollution et l’impact négatif de la pollution de toutes les sources, d’ici à 2030, à des niveaux qui ne sont pas nuisibles à la biodiversité ».
  • De nombreux autres points sont également évoqués comme la question de la restauration des territoires, l’urbanisme, la consommation ou encore la coopération scientifique (pour en retrouver l’intégralité et le détail sur le rapport officiel c’est par ici.)

En bref, qualifié d’ambitieux ou encore historique, il est évident que cet accord inscrit dans l’agenda des préoccupations internationales les questions larges et si urgentes de la biodiversité. Cependant certaines carences notamment sur le suivi de ces mesures font  planer l’ombre des 20 objectifs d’Aichi décidés en 2010 qui avaient tous échoué. Si nous pouvons nous réjouir des signaux forts et des mesures phares décidées lors de cette COP, nul doute que le chemin pour la protection du vivant est encore long !