Le colloque à l’initiative du CERAS du 20 au 22 mai dernier à l’UNESCO s’est clôturé par la publication d’un manifeste afin de renouveler le rapport au travail et mettre la société en mouvement.
Ce dernier reprend des propositions concrètes pour que le travail soit au service de l’humanité et du soin de la planète. Il promeut un travail décent et durable. Il appelle plus spécifiquement à défendre la dignité humaine ainsi que la justice sociale et environnementale ; à prendre soin du bien commun, à permettre un travail de qualité, et à défendre une solidarité sociale et environnementale.

Changer de paradigme

Il convient de changer de paradigme, se concentrer sur les travailleurs et particulièrement ceux en précarité, et promouvoir la dignité humaine au travail qui ne passe pas nécessairement pas la rémunération financière, l’important étant davantage de « laisser une trace, se sentir utile, être fier de son travail».
Dans une société française, où seulement 5% des salariés se déclarent pleinement satisfaits de leur travail (sondage 2016 Steelcase), la question de l’épanouissement personnel au travail prend donc tout son sens.

Promouvoir la coopération

Le travail est collectif par essence : il convient donc de promouvoir la coopération et non la compétition, et d’inclure « l’ensemble de la communauté humaine en accordant une attention particulière à tous ». C’est pourquoi les mesures d’atténuation du dérèglement climatique et de la perte de la biodiversité doivent se concentrer sur la condition des plus vulnérables, par exemple comme la Fondation Terre Solidaire le fait en soutenant de petits agriculteurs en Afrique et en Amérique latine dans le développement de l’agro-écologie paysanne.
Par ailleurs, le fait que le travail soit collectif implique non seulement une répartition équitable mais également la promotion de relations équitables entres les personnes, car « toute valeur est créée collectivement ».

Contribuer au bien commun

Le fait de travailler est essentiel à tout être humain en tant que contribution au bien commun de toute l’humanité. Il faut donc penser des « critères d’utilité pour nos emplois », et réfléchir « aux moyens de valoriser les activités à forte plus-value sociale ou environnementale ».
L’entreprise doit elle aussi évoluer en mettant le bien commun au cœur de sa mission : la libre concurrence doit laisser une large place à la justice sociale ; et le court terme doit être remplacé par le long terme.

Envisager le travail comme soin

Enfin, le travail doit être envisagé comme soin : « le soin du bien commun passe le soin des biens communs ». Ce qui implique deux choses : repenser le lien entre le travail et la propriété, et prendre conscience que nous sommes responsables de la survie et du bien-être de chaque être vivant.

Ce manifeste est un appel à changer le travail afin qu’il puisse répondre correctement aux défis sociaux et environnementaux de notre temps.
Il existe déjà de nombreuses initiatives locales qui inventent le monde de demain. Les soutenir, les accompagner et les mettre en valeur sont un des défis de la Fondation Terre Solidaire.

Retrouvez en vidéo les éléments-clés tirés du texte complet du Manifeste https://www.youtube.com/watch?v=zEA-GPOm0_8&feature=youtu.be
Consultez le texte complet du Manifeste pour un travail décent et durable

* Centre de recherche et d’actions sociales