L’agroécologie connait un véritable essor ces dernières années. La recherche d’un nouveau modèle agricole alternatif au modèle agro-industriel dominant qui concilierait les enjeux économiques, sociaux et environnementaux de l’agriculture n’est pas étrangère au développement de l’agroécologie.

Des tentatives de définition ont été faites à plusieurs reprises. Mais il n’existe à l’heure actuelle aucune définition officielle même si dans son avis du 19 août 1995, la Commission d’enrichissement de la langue français essaye de donner deux définitions :
– Application de la science écologique à l’étude, à la conception et à la gestion d’agrosystèmes durables.
– Ensemble de pratiques agricoles privilégiant les interactions biologiques et visant à une utilisation optimale des possibilités offertes par les agrosystèmes.

Si l’agroécologie est bien une discipline scientifique, elle est en fait multidimensionnelle. S’en tenir à ces définitions réduirait donc considérablement son champ et ne rendrait pas justice aux façons dont les acteurs qui s’en réclament et la conçoivent.
Mais alors qu’est-ce que l’agroécologie ? Qu’est-ce que cela recoupe ? Les pratiques sont-elles les mêmes partout ?

Une discipline scientifique assez ancienne

Le mot est assez ancien car il apparait en 1928 quand Bensin, un agronome russe, l’emploie pour décrire l’utilisation de méthodes écologiques appliquées à la recherche agronomique.
Il faut ensuite attendre les années 1980 pour que le terme d’agroécologie émerge vraiment, notamment grâce aux études sur les systèmes agricoles d’Amérique latine cherchant des alternatives à l’agriculture conventionnelle intensive et à revaloriser les savoirs traditionnels discrédités par le technicisme.
En 1995, Miguel Altieri, professeur à l’université de Berkerley, définit l’agroécologie comme étant « la science de la gestion des ressources naturelles au bénéfice des plus démunis confrontés à un environnement défavorable ». Pour la première fois, l’agroécologie n’est plus seulement une science mais une approche systémique en faveur de la durabilité de l’agriculture (assurer une production pérenne tout en respectant les limites de la Terre), et plus encore un projet politique afin de défendre les intérêts des plus démunis pour tendre vers plus d’égalité.

Un mouvement social et politique

Dans les années 1980-1990, les mouvements sociaux ruraux d’Amérique latine développent des pratiques agroécologiques afin de revaloriser les savoirs traditionnels et apporter une solution aux paysans dans la misère qui malgré l’accès à la terre ont une production agricole trop faible. C’est le début de l’agroécologie en tant que mouvement social et politique en réaction à l’agrobusiness.
D’une manière générale, les mouvements agroécologiques, très divers dans leurs formes, mettent en avant les questions de souveraineté et de sécurité alimentaire, de développement rural, et d’autonomie des agricultrices et agriculteurs.
Les petits producteurs permettent de nourrir la majorité de la population mondiale . L’agroécologie permet donc de replacer ces petits producteurs au centre des systèmes alimentaires non seulement comme fournisseurs de l’alimentation mondiale mais aussi comme décideurs de ces nouveaux systèmes alimentaires.

Un ensemble de pratiques

L’agroécologie apparait donc comme une alternative à l’agriculture industrielle spécialisée souvent intensive basée sur l’utilisation d’intrants et d’énergie fossile.
Au contraire, elle promeut la biodiversité et les processus naturels. Elle vise à réduire l’utilisation des intrants (engrais chimiques, pesticides, eau), et à prendre en compte la biodiversité et le changement climatique (résilience).

La plateforme d’échange et d’expérimentation OSAE (Osez-agroecologie.org) pour la mise en pratique de l’agroécologie définit 7 principes agroécologiques :
– favoriser la résilience du système agricole,
– optimiser et équilibrer les flux de nutriments,
– préserver les ressources naturelles,
– favoriser la diversité spécifique et génétique,
– minimiser l’usage des intrants et ressources fossiles,
– contribuer au système alimentaire local,
– promouvoir les services écologiques.

Chaque agriculteur adapte, conçoit et développe ses pratiques en fonction des spécificités de son territoire et de la nature de son exploitation. Même, si on retrouve des caractéristiques communes selon les territoires ou pays, il n’y a donc pas d’uniformité de pratiques.

La CIDSE (Coopération Internationale pour le Développement et la Solidarité) a également défini 15 principes de l’agroécologie prenant en compte les enjeux économiques, politiques, environnementales et socio-culturels.

Découvrez les projets de la Fondation Terre Solidaire en faveur de l’agroécologie