À cette occasion, voici une lecture des enjeux agricoles actuels et de la vision portée par la Fondation Terre Solidaire.
Pourquoi l’agriculture est-elle au coeur des débats en 2026 ?
Parce qu’elle concentre toutes les tensions de notre époque :
•Revenus fragiles et souffrance au travail
•Renouvellement des générations incertain : près d’un agriculteur sur deux partira à la retraite d’ici dix ans
•Aléas climatiques plus fréquents
•Volatilité des prix des matières premières agricoles et financiarisation de la production
•Injonction contradictoire : produire à bas coût tout en garantissant une alimentation saine, de qualité et respectueuse de l’environnement
Dans le bilan carbone de la France, l’agriculture représente environ 19 % des émissions françaises de gaz à effet de serre1, tout en étant l’un des secteurs les plus exposés au dérèglement climatique.
En 2024, dans son rapport « Accélérer la transition climatique avec un système bas carbone, résilient et juste », le Haut Conseil pour le climat indiquait que le changement climatique a déjà réduit d’environ 21 % la croissance de la productivité agricole mondiale depuis 1961.
En France, les rendements stagnent depuis la fin des années 1990.
Parallèlement, les études documentent un effondrement continu de la biodiversité en milieu agricole.
Or le sol, l’eau et la biodiversité constituent la base même de notre sécurité alimentaire.
Faut-il choisir entre écologie et revenu agricole ?
C’est un faux dilemme.
La crise actuelle ne provient pas de l’écologie, mais d’un modèle agro-industriel qui enferme les exploitations dans une spirale de dépendance : intrants toujours plus coûteux, carburant cher, pression à la baisse sur les prix, endettement.
Raisonner uniquement en volume de production et en prix de vente ne suffit plus. Il faut aussi raisonner en charges, en autonomie et en résilience.
Les aléas climatiques fragilisent financièrement les exploitations.
Dans le même temps, le coût des engrais, des produits phytosanitaires et de l’énergie ne cesse d’augmenter.
De nombreuses expériences montrent que la réduction des intrants chimiques, la diversification des cultures, l’usage de semences paysannes ou de variétés rustiques améliorent la résistance aux maladies et aux chocs climatiques.
Ces pratiques agroécologiques permettent de réduire les coûts et de sécuriser les revenus.
Mais la transition écologique ne réussira que si elle est économiquement viable. Transformer une exploitation vers des pratiques agroécologiques exige des investissements importants, souvent hors de portée sans soutien adapté.
L’agroécologie, la relocalisation des filières et un partage plus juste de la valeur sont des leviers puissants à condition d’un accompagnement technique et financier ambitieux et stable.
Pourquoi le débat est-il si sensible ?
Parce qu’il touche à notre alimentation, à notre souveraineté et à nos territoires.
Parce qu’il met en évidence la finitude du modèle actuel : chercher la rentabilité maximum, quitte à épuiser les ressources disponibles au profit… du profit !
Aller trop vite peut fragiliser certaines exploitations. Ne pas évoluer met en péril leur avenir face au climat et à l’érosion du vivant.
Face à ces injonctions contradictoires permanentes, la recherche d’un équilibre juste est durable est un exercice périlleux, clivant, qui demande du temps, là où tout est devenu urgence.
Ce que défend la Fondation Terre Solidaire
La Fondation soutient une transition agricole à la fois écologique et solidaire :
•un revenu digne pour les agriculteurs
•des politiques publiques cohérentes avec les objectifs climatiques
•une réduction progressive des intrants chimiques
•un soutien massif à l’installation des jeunes
•des filières territorialisées, créatrices de valeur locale.
Sur le terrain, nous accompagnons des projets qui renforcent l’autonomie des fermes, restaurent les sols, préservent l’eau et recréent du lien entre producteurs et consommateurs.
Le Salon de l’Agriculture est une vitrine. Mais il est surtout un révélateur : notre modèle agricole est stratégique pour l’avenir du pays.
Au fond, la question n’est pas seulement agricole. Elle est collective.
