Les transports représentent plus d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre en France. A elle seule, la voiture, premier mode de transport des français, émet environ 70 millions de tonnes de CO2 par an, soit plus de la moitié des émissions du secteur des transports.
Ce chiffre est à nuancer selon le type de voiture, le nombre de passagers, la distance parcourue et d’autres facteurs qui viendraient influencer son empreinte carbone.
Un réalité demeure : réduire l’usage de la voiture individuelle est indispensable si nous voulons lutter contre le dérèglement climatique, intégrer des modes de transports plus écologiques dans nos quotidiens n’est plus une option, mais une réalité.
Les éco-mobilités ou mobilités douces : des alternatives durables et accessibles
Face à cet enjeu, le développement de l’éco-mobilité s’impose comme un levier central de la transition écologique.
Il est indispensable de transformer nos usages et de se tourner vers des mobilités plus douces, comme le vélo, la marche, la trottinette ou les transports en commun.
Ces modes de transports, très sobres en énergie, offrent le double avantage d’améliorer la qualité de l’air et d’apaiser les espaces de vie.
De nouveaux modes de transports innovants émergent et s’adaptent bien notamment sur certains territoires.
Le partage de véhicules ou les vélos aménagés sont de bons exemples de nouvelles mobilités, modernes et à faible impact environnemental.
L’éco-mobilité, englobe ainsi tous les modes de déplacement plus respectueux de l’environnement.
Une accessibilité encore inégale sur les territoires
Au-delà de l’aspect environnemental, les mobilités douces permettent de pratiquer une activité physique, de diminuer les nuisances sonores et à alléger les dépenses liées aux transports.
Elles offrent de nombreux avantages. Pourtant, l’accès à ces solutions reste inégal selon les territoires.
En milieu urbain, l’offre est plus large et les alternatives à la voiture individuelle plus nombreuses.
L’intermodalité, qui consiste à emprunter plusieurs modes de transports complémentaires pour un même déplacement, est plus facile et plus courante, facilitée par des infrastructures comme les pistes cyclables, les parking-relais, les zones piétonnes…
Dans les grandes villes, cette évolution s’accompagne d’un recul marqué de la voiture. Les politiques de mobilité visent désormais explicitement à en réduire l’usage : 83% des mesures proposées dans les principales métropoles française vont dans ce sens.
Cette dynamique se traduit concrètement sur le terrain : à Paris, le trafic automobile a baissé de 45 % entre 1990 et 2020 et continue de reculer, avec une diminution supplémentaire de 12,5 % en 2024.
Les infrastructures alternatives se développent rapidement.
Paris compte aujourd’hui plus de 1000 km d’aménagements cyclables, tandis que des villes comme Strasbourg ou Grenoble figurent parmi les territoires les plus avancés en termes de vélo.
A la campagne, la situatuion est très différente. Les transports en commun sont moins développés, avec des horaires plus contraignants.
La voiture reste souvent indispensable pour se rendre au travail, à l’école ou dans les commerces de proximité.
Ainsi, la mobilité repose encore beaucoup sur les véhicules personnels.
L’enjeu est de développer des réseaux de mobilités plus durables comme les transports partagés qui fonctionnent bien et qui sont déjà en place dans certains milieux ruraux.
Plusieurs initiatives récentes illustrent cette dynamique : des services de transport à la demande, déployés par des collectivités locales, permettent par exemple d’adapter les trajets aux besoins des habitants dans des zones peu denses.
Des solutions de covoiturage structuré se développent également, à l’image des lignes mises en place par la start-up Ecov, qui fonctionnent comme des lignes de bus avec arrêts et horaires, et sont déjà déployées dans plusieurs territoires (Isère, Lozère, Bretagne).
Enfin, des initiatives locales de transport solidaire, comme la plateforme Atchoum, permettent à des conducteurs bénévoles ou indemnisés d’assurer des trajets du quotidien pour des habitants sans solution de mobilité.
Le rôle essentiel des territoires et des citoyens
Les communes ont un rôle important à jouer dans la transformation des mobilités, notamment dans l’aménagement du territoire, l’implantation des commerces de proximité et le développement des transports en commun.
Mais au-delà des politiques locales, ce sont les acteurs locaux qui peuvent repenser ensemble les modes de déplacements.
Les habitants eux-mêmes sont les mieux placés pour proposer des solutions adaptées à leurs besoins, en prenant en compte les spécificités locales.

Parmi les exemples inspirants, le projet Figeac Eco-mobilité propose aux usagers de la route des solutions clés en main, pour que chacun et chacune puisse se déplacer sans utiliser sa voiture individuelle.
Autopartage, prêt de petite voiture électrique, location de vélo et même vélo école pour apprendre à être à l’aise sur les routes en vélo.
Les solutions sont multiples et s'adaptent parfaitement au milieu rural.
La ville de Figeac s’est appuyée sur un bureau d’étude et un groupe de citoyens pour construire cette offre, en partant d’un postulat simple : la voiture individuelle est un gaspillage de ressources.
Ce projet, co-construit avec les acteurs du territoire, engagés pour un avenir durable, montre qu’ensemble, nous pouvons trouver des alternatives efficaces et réinventer les déplacements.
Des progrès encourageants, mais encore insuffisants
En France, l’essor des mobilités douces démontre une préoccupation croissante de la population pour les questions environnementales et une remise en question de nos usages actuels. Des aides comme le forfait mobilité durable, pris en charge par l’employeur, sont même proposées pour les trajets domicile/ travail.
De nombreuses villes, de tailles variées, proposent maintenant des transports en commun gratuits. A Clermont-Ferrand, ils sont gratuits pour tout le monde le week-end, à Montpellier, ils sont gratuits pour tous les habitants de la ville.
A Obernai, les transports sont même gratuit pour tout le monde, tout le temps !
De nombreuses communes passent le cap, avec plus ou moins de conditions. Un bon point pour la France donc, même si nous avons encore de nombreux progrès à faire, notamment sur le prix des billets de train, toujours très onéreux, par rapport à certains billets d’avion.
Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large à l’échelle européenne : certains territoires vont encore plus loin, comme le Luxembourg où les transports publics sont gratuits pour tous depuis 2020, ou encore Tallinn, où la gratuité pour les habitants a contribué à renforcer l’usage des transports en commun et à limiter le recours à la voiture.
Le vélo : un symbole fort de la mobilité durable
Le vélo, mobilité douce par excellence, occupe une place de plus en plus importante dans nos villes. Au point que certaines communes ont transformé leurs routes en pistes cyclables.
Pour le plus grand bonheur des cyclistes ! Avec le développement du vélo électrique, l’offre s’est diversifiée pour répondre à des besoins variés.
De nouveaux modèles permettent désormais de transporter des enfants, de faire ses courses ou encore de se déplacer en toute saison.
Cette tendance se traduit concrètement dans les usages quotidiens : l’utilisation du vélo a augmenté de plus de 30 % en France depuis 2019.
Les ventes de vélo éléctriques ont quant à elle augmenté de plus de 40 % depuis 2019 en France.
Le vélo éléctrique représente désormais près d’un vélo vendu sur trois. Même si le vélo électrique présente un impact environnemental lié à sa fabrication, il reste largement plus vertueux que la voiture individuelle et constitue une alternative crédible pour de nombreux trajets.
Vers une mobilité durable pour tous :
Aujourd’hui, il est primordial de repenser la place de la voiture en proposant des alternatives viables et accessibles.
Les habitants des territoires doivent avoir le choix de ne pas utiliser leur voiture.
Développer les réseaux de mobilités durables pour réduire notre impact environnemental et notre dépendance aux énergies fossiles est une partie intégrante de la transition écologique.
Ensemble, et en nous appuyant sur des politiques de mobilité et des infrastructures plus adaptées, nous pourrons transformer nos usages pour construire un système de transport plus propre, durable et accessible.
Marie Huré
