Actualités

La finance durable peut-elle réellement soutenir la transition ?

La finance durable, ou finance verte, peut se définir comme l’ensemble des activités financières qui visent à soutenir des projets respectueux d’un point de vue écologique et social.

Elle favorise ainsi la lutte contre le changement climatique. La NEF, une banque qui finance exclusivement des projets à vocation écologique, sociale ou culturelle, nous a aidé à y voir plus clair. 

Illustration symbolisant la finance durable et la transition écologique avec des pièces de monnaie et des pousses de plantes"

Un fonctionnement éthique pour la finance verte

D’importants flux financiers sont en circulation dans le monde entier, susceptibles d’être placés, investit, épargnés...

La contribution du système financier à la transition écologique peut se faire d’une manière simple, déjà pratiquée par certains acteurs comme des banques éthiques et responsables.

Ces banques financent des projets écologiques, sociaux ou culturels et agissent selon différents principes :

  • La transparence sur les mécanismes de financement et les projets financés
  • La pédagogie en produisant des supports accessibles et des échanges participatifs
  • Le fonctionnement démocratique avec par exemple des conventions citoyennes ouvertes où les sociétaires peuvent s’exprimer librement et voter
  • La construction de partenariats avec des acteurs de la transition

Un tel fonctionnement vertueux permet de construire des systèmes financiers inclusifs et de soutenir des projets à impact positif sur la société, en accord avec l’ensemble des parties-prenantes de la structure.

Des projets qui font la différence au quotidien

Grâce à des critères d’évaluation précis

Les opérations financières de la finance verte sont au service de projets indispensables pour construire un avenir durable, comme le foncier agricole pour aider à l’installation de paysans, la transition en dehors des énergies fossiles, des innovations bas-carbone…

Ils sont économiquement robustes et suffisamment matures pour être durables dans le temps.

Ce sont pour beaucoup des projets associatifs avec une grande valeur pour la société.

D’autant plus qu’ils sont évalués et choisis par des citoyens selon des critères précis. Ils doivent assurer en premier lieu une répartition équitable de la valeur et respecter un circuit court entre les projets financés et les clients de la banque, au plus proche de la réalité du terrain. 

Et un fonctionnement transparent

Ce fonctionnement entre directement en opposition avec les systèmes financiers classiques, dont il faut casser l’opacité.

Actuellement, les banques classiques financent des projets dévastateurs pour l’environnement ou font des placements pour générer des bénéfices.

Alors que chez la NEF par exemple, 75% des sommes disponibles sont utilisées pour financer des projets (la moyenne est à 48% pour les banques classiques).

Et 100% de ces projets soutiennent la transition écologique et sociale.

Les ressources sont simplement redirigées vers des projets vertueux, qui soutiennent par exemple l’installation des jeunes agriculteurs avec Terre de liens, les circuits courts avec le réseau des AMAP ou les coopératives de production d’énergies photovoltaïque citoyenne avec Energie partagée.

Tous les projets financés sont consultables librement sur leur site internet.

Des rapports d’impact sont ensuite publiés publiquement pour évaluer les financements.

Chaque projet fournit des données sur ce que le financement a permis de mettre en place, pour évaluer ensuite son impact positif.

Vers un changement profond des systèmes financiers ?

Sensibiliser et appliquer des règles communes

Le volume des projets de la transition soutenus par les banques responsables est encore assez faible.

Elles ne peuvent pas à elles seules changer la tendance.

Pour rediriger une partie significative des ressources du système financier et appuyer durablement la transition, des évolutions à plusieurs niveaux sont nécessaires. 

Il faut développer une base de connaissances qui soit commune et des critères d’évaluation précis, appliqués par des organismes indépendants.

Sans cela, l’impact positif prendrait le risque d’être apprécié d’une manière subjective par les différents acteurs.

Il est nécessaire d’avoir un référentiel partagé par toutes les parties-prenantes.

La base étant qu’un investissement responsable ne doit pas appuyer un projet délétère pour l’environnement ou les populations locales.

À l’image des projets financés par les banques classiques, comme le projet EACOP, un oléoduc de presque 1500 km qui doit voir le jour en Tanzanie et en Ouganda.

Pour le commanditaire du projet et d’autres bénéficiaires, c’est tout à fait désirable, car cela permettra de répondre à la demande mondiale croissante en énergies, à l’heure où nous sommes encore très dépendants des énergies fossiles.

Pour les populations locales qui perdent des terres ou pour les défenseurs de l’environnement, ce projet est un désastre.

Le label “Investissement socialement responsable” abonde d’ailleurs dans ce sens, en excluant même certains projets sur la base de critères qui répondent au principe de “non-nuisance”.

Avec un cadre législatif ambitieux

Un cadre législatif ambitieux doit permettre une transparence et une régulation des investissements, en accord avec les acteurs de référence.

C’est, en effet, bienvenue pour garantir cette base commune à tous les acteurs et aux pouvoirs publics, sans détourner les éléments de langage.

La transparence est l’un des facteurs clés de confiance et une condition indispensable au bon fonctionnement d’une économie responsable.

Ces évolutions doivent se faire en embarquant l’ensemble des acteurs, y compris les plus importants (CAC 40 par exemple), en concertation.

Une bataille culturelle est à mener auprès des politiques, des autres acteurs financiers et des citoyens.

La sensibilisation est une partie importante de la démarche.

Par manque de conseils et d’informations, peu de personnes redirigent leur épargne vers des projets responsables.

Par exemple, certains livrets d’épargne dits “verts” comme le Livret de Développement Durable et Solidaire, régulé par l’Etat français, ne redirige en réalité que 15 % de l’épargne vers des projets écologiques ou solidaires.

En parallèle, des actions de plaidoyer auprès des institutions, notamment pour lever les freins au développement (au niveau de la fiscalité ou des leviers techniques par exemple) sont menées. 

Conclusion : un modèle vertueux au service de la transition

Les structures financières durables contribuent ainsi à développer un modèle où la finance est au service d’une transition écologique qui bénéficie à tous, en plaçant l’humain et l’environnement au cœur de ses priorités.

L’impact de la finance sur nos sociétés est grand, plusieurs événements historiques l’ont montré.

Face aux problématiques mondiales actuelles telles que le dérèglement climatique, la chute de la biodiversité, l’écart des inégalités... le secteur se doit d’être une partie de la solution.

Mais la nécessaire transformation implique de prendre un tournant important et de changer de regard sur le monde de la finance.

Le raisonnement par la rentabilité financière et les indicateurs de croissance comme la cotation en bourse ou le PIB ne sont pas compatibles avec les principes de la finance verte.

ENSEMBLE, accélérons la transition écologique et solidaire