Afin de clôturer son cycle de conférences intitulé « Penser autrement la place de l’économie », la Fondation Terre Solidaire, en partenariat avec la Revue Projet et Makesense, a reçu le 06 décembre dernier Timothée Parrique, chercheur en économie écologique, lauréat 2022 du Prix de thèse de la Fondation Terre Solidaire pour sa thèse sur la décroissance: “The political economy of degrowth” et auteur de l’essai “Ralentir ou périr: l’économie de la décroissance” (Editions Seuil).

Pendant longtemps des clichés tenaces sont venus ternir l’idée de décroissance, popularisée dans les années 2000, face à l’urgence climatique et l’appel à un monde plus sobre. Durant cette intervention, Timothée Parrique vient réhabiliter cette notion et l’actualiser afin de nous accompagner dans sa réfexion. 

« Arrêtons tout d’une certaine manière et voyons ce qui nous manque » 

Timothé Parrique nous invite à abandonner définitivement l’idée d’une transition écologique par “l’addition” selon laquelle de nouvelles inventions pourront résoudre le problème écologique et social auquel nous sommes confrontés. Pour lui, il est urgent au contraire de s’arrêter et de ralentir. C’est donc plutôt une approche par la soustraction ou l’interruption qui est ici défendue. L’heure est à la reconnexion à l’un principes centraux et essentiels de l’économie politique : un protocole social de contentement. C’est à dire, d’être en mesure de se reposer la question collective de l’utilité sociale de nos productions pour valoriser ce qui est de l’ordre de l’essentiel à notre bien vivre au détriment du reste.

« Cette croissance n’a plus tellement de sens car elle est elle-même découplée du bien-être »

L’idée qui découle de cette première constatation est de passer d’une économie de la compétition, où la croissance émerge d’une guerre de tous contre tous, à une économie de la coopération. Si l’on considère notre budget écologique comme limité, se le partager de manière équitable équivaut alors à renoncer et à comprendre qu’il est nécessaire de consommer moins, et donc de produire moins. Ainsi, produire en proportion du nécessaire, implique inévitablement l’inventaire de notre économie en fonction d’un critère évoqué par Timothé Parrique en introduction de son propos : l’utilité sociale. Cette constatation est définie par Timothée Parrique comme la double concidence heureuse de la décroissance. En définitif, ce qu’il est nécessaire de faire pour éviter l’éffondrement de nos limites écologiques apparait être en adéquation avec ce qui nous permet de mieux vivre d’un point de vue social.

« La décroissance c’est une stratégie de justice globale »

En partant du constant que 10% des pays les plus riches sont responsables de 47% des émissions totales de CO2 alors que les 50% des pays les plus pauvres représentent moins de 10% de ces mêmes émissions, Thimothée Parrique met en lumière le lien entre décroissance et monde plus juste. En d’autres termes, la croissance économique des pays du nord s’est faite et se fait au détriment de ressources écologiques et humaines de nombreux pays du sud. Timothée Parrique met en lumière la nécessité d’opérer un partage plus équitable de notre partimoine écologique global. Ce partage plus juste passe forcément par la réduction des émissions des pays du nord (et donc un processus de décroissance) afin de prendre leur responsabilité.

Retrouvez l’intégralité de la rencontre avec Thimothée Parrique sur la chaine YouTube de la Fondation Terre Solidaire :