Il y a un an, la Fondation Terre Solidaire démarrait un nouveau cycle de conférences intitulé « Penser autrement la place de l’économie » car il s’agit aujourd’hui d’un véritable enjeu de société, un impératif. Dans ce cadre, la Fondation Terre Solidaire a été heureuse de recevoir le 14 novembre dernier Dominique Steiler, docteur en management et Titulaire de la chaire « Paix économique » à Grenoble Ecole de Management (GEM).

« Comment passer d’une logique de guerre économique basée sur la course au profit qui sert une rentabilité à outrance à une logique de paix qui privilégie le bien-être la coopération et le vivre ensemble ? »

Cette première question posée à Dominique Steiler, irriguera toute son intervention, riches d’exemples concrets et diverses afin de tenter de définir la notion de paix économique. La logique de guerre évoquée parait lors de cette opposition avec la paix évidente, et spontanément non préférable, pour autant elle est bien au cœur de nos sociétés. Les récents évènements géopolitiques mais aussi l’histoire des drames sociaux dans de nombreuses entreprises, notamment en France en 2008 ou encore la crise des Subprimes mettent en lumière l’évidence, l’omniprésence et la certaine banalité de cette guerre. Pour autant le constat fait par Dominique Steiler au regard de l’expérience de certains de ces confrères à l’étranger, notamment au Japon, oil n’existait pas en France de champs académique dédié à la Paix. L’urgence de la situation, les demandes et inquiétudes de différentes parties prenantes du système économique furent à la base de la création de la chaire “Paix économique”. Il cite un interlocuteur qui résume en quelques mots ce besoin : “si on continue de faire des affaires telles qu’on fait des affaires on va se détruire les uns les autres”.

« La question qu’on pose dans la paix économique, est la question toute simple de dire : mais pourrais-je gagner et l’autre aussi ? »

Il y a donc un fort enjeu de définition de cette notion, afin de questionner ce que dominique Steiler appelle nos « grandes représentations ». Tout l’intérêt est de comprendre comment agir sur ces représentations pour faire bouger les choses de manière concrète pour bouleverser la façon de faire entreprise ou économie ensemble. « Non la question compétitive, le fait d’être en haut de la pyramide n’est pas le but ultime », Dominique Steiler continue lors de son intervention de définir la paix économique en précisant qu’elle s’opérera lors d’un déplacement des buts pour revenir à celui d’une coexistence. En effet comment inventer des systèmes qui vont nous permettre ensemble de contribuer à la coexistence agréable saine et pacifiée du plus grand nombre ?

Redéfinir le but de l’entreprise afin de remettre la sensibilité au cœur de notre approche économique

L’objet de l’entreprise c’est sa contribution au bien commun, avec le profit non comme une fin mais un moyen. L’entreprise est nécessaire et utile parce qu’elle crée des services des biens et des richesses dont l’objet c’est la coexistence. Cette vie commune, pour Dominique Steiler, ne peut que s’entendre si l’on remet la sensibilité au cœur de notre appréhension du problème. Se reconnecter avec la sensibilité, et la compréhension de l’autre, sa considération c’est permettre aux gens de se remettre en contact d’abord avec eux-mêmes pour repasser en contact avec les autres et enfin avec l’écosystème global.

Retrouvez l’intégralité de la rencontre avec Dominique Steiler  sur la chaine YouTube de la Fondation Terre Solidaire :